Masse monétaire et déflation

masse monétaire
La plupart des crypto-monnaies sont conçues de telle manière que leur fonctionnement-même contribue à créer des nouvelles unités de monnaies. La masse monétaire des crypto-monnaies augmente ainsi grâce à ses propres utilisateurs jusqu’à une certaine limite donnée ou en créant de moins en moins d’unités de monnaie avec le temps. Dans le cas du bitcoin, chaque « bloc de calcul » résolu par les utilisateurs libère actuellement 25 nouveaux bitcoins qui sont distribués proportionnellement entre les utilisateurs qui ont contribué à  résoudre les calculs demandés. Le nombre total de bitcoin a été d’emblée limité à 21 millions et le protocole mis en place diminue par 2 tous les 4 ans les bitcoins distribués comme « récompense », un événement propice à la spéculation que l’on appelle couramment le « halving ».  Avec le temps, les « blocs » libéreront donc de moins en moins de bitcoins. A l’horizon de 2140, il ne devrait y avoir pratiquement plus de bitcoin à miner. La masse monétaire totale du bitcoin sera alors de 21 millions d’unités et rien de permettra de dépasser cette limite.

Les crypto-monnaies, et le bitcoin en particulier, fonctionnent par conséquent selon une logique inverse à celle du système bancaire classique. Dans le système bancaire tel qu’on le connait, la création des unités de monnaies (dollars, euros, etc…) passe par l’existence d’une officine centrale (La Banque de France, la Banque Nationale Suisse, etc.) dont la mission est de conduire et gérer la politique monétaire du pays. C’est par le biais de ces institutions qu’est créée la monnaie, en fonction des besoins et de l’économie du pays. Chaque monnaie « classique » est ainsi sujette à un risque d’hyperinflation : En temps de crise, ou dans des situations spécifiques, la monnaie, en trop grande circulation, perd son pouvoir d’achat et cette situation se traduit par une augmentation durable des prix. Plus l’unité monétaire « vaut » cher, plus les prix seront maintenus bas et inversement. En cas de crise, le risque inflationniste est de voir les prix s’envoler alors que le pouvoir d’achat de la monnaie baisse. Le cas de la République de Weimar dans les années 20 est un exemple classique : Le Mark, dévalué par une crise économique sans précédent à la sortie de la guerre ne vaut plus rien, des billets de banque valant jusqu’à 500 millions de Marks font leur apparition sans pour autant avoir un réel pouvoir d’achat conduisant à une crise sans précédent.

Les crypto-monnaies évitent le risque d’hyperinflation en limitant d’emblée la masse monétaire totale (21 millions d’unité de bitcoin) et en « créant » artificiellement sa rareté en les rendant de plus en plus difficile à obtenir (la difficulté de calcul augmentant avec le temps, les coûts énergétiques pour les créer augmentent en conséquence). Le bitcoin aura ainsi, contrairement à la monnaie classique, tendance à être sujette à une certaine déflation de par son mode de fonctionnement. Certains économistes ont mis en avant cette spirale déflationniste comme l’un des principal défaut du bitcoin sur le long terme et comme un obstacle majeur à son expansion.

Cependant, ces derniers n’ont souvent pas pris en compte plusieurs spécificités du bitcoin. D’une part, que sa division est pratiquement infinie. La valeur actuelle d’un « satoshi » (0,00000001 BTC) est aujourd’hui proche de 0 puisque 0.0033 = 1 euro. Avec le temps, et la déflation, rien n’empêche que la valeur du bitcoin se déplace d’une ou de deux décimales. De plus, le bitcoin semble à l’aise avec la concurrence représentée par d’autres altcoins (litecoin, darkcoin, dogecoin etc..) qui ont une valeur inférieure, viennent compléter l’offre d’échange et empêcher la surcharge déflationniste du bitcoin.

Bitcoin inflation

(Graphique mis à disposition par l’utilisateur « whitslack » sur http://www.bitcointalk.com et remanié par nos soins)

Sources:

BOUSSAC, « Bitcoin et la déflation », article en ligne sur : www.e-ducat.fr
WIKIPEDIA : Cryptomonnaie, bitcoin, inflation, déflation

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